Avez-vous entendu parler de la bibliothèque sonore ?

Si la bibliothèque sonore a élargi son accès aux personnes polyhandicapées en adoptant un nouveau statut, elle cherche toujours de nouveaux audiolecteurs, donneurs de voix et bénévoles.

Pour donner sa voix, « il suffit d'aimer lire, d'être patient, d'avoir un ordinateur et un micro...
Pour donner sa voix, « il suffit d’aimer lire, d’être patient, d’avoir un ordinateur et un micro…

 

Installée dans un petit local niché dans la rue de l’Église, la biblio-thèque sonore de Mon-treuil a eu 30 ans en 2009. Et pourtant, « elle est insuffisamment connue », regrette Colette, l’une de ses bénévoles. Elle ne compte en effet qu’une quarantaine d’audiolecteurs, c’est à dire des aveugles et malvoyants auditeurs. Selon la retraitée, cette faible fréquentation s’explique par un problème psychologique : le refus du handicap. Car la plupart des audiolecteurs sont des personnes qui ont perdu progressivement la vue à cause de l’âge et qui ne savent pas lire le braille. Dommage, parce que « les audiolivres sont un peu ce qu’il reste aux personnes qui n’y voient plus. C’est pourquoi il faut aussi que les familles les encouragent à emprunter des CD ou cassettes pour rompre l’isolement dans lequel plonge la cécité », insiste Colette. C’est d’ailleurs sur ses conseils que Marcel, fondu de polars, a découvert Mary Higgins Clark. Et pour les personnes dans l’incapacité de se déplacer ? Elles peuvent recevoir gratuitement leurs audiolivres par la poste.

À bon entendeur

Autre bonne nouvelle: les bibliothèques sonores, fondées en 1972 par le Lions Club et gérées par l’Association des donneurs de voix, ne sont désormais plus réservées aux seuls déficients visuels. « Les personnes polyhandicapées moteurs, qui ne peuvent pas tenir un livre, peuvent main-tenant disposer de ces Iivres enregistrés sur cassette et CD par des donneurs de voix bénévoles », se réjouit Colette. Ces derniers peu-vent immortaliser le roman de leur choix et les audiolecteurs passer commande.

Josette, atteinte d’une maladie de la rétine, a ainsi demandé l’enregistrement d’un ouvrage de Boris Cyrulnik qui n’était pas inscrit au catalogue. Quant à Nicole Lacombe, elle se souvient encore des Misérables : soixante cassettes de 90 minutes, soit 90 heures d’écoute. « Pour l’enregistrement, il m’a fallu deux fois plus de temps, précise cette ancienne donneuse de voix. Le plus dificile, ce sont les liaisons. Sinon, pour se lancer, il suffit d’aimer lire, de faire preuve de patience, et d’être équipé d’un ordinateur et d’un micro. » Car, conclut Jack Cohen, le président de l’établissement montreuillois, « nous manquons aussi de donneurs de voix, comme de bénévoles, notamment pour la saisie informatique des données ». À bon entendeur…

Anne Locqueneaux – Tous Montreuil